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Remise de prix " Young Scientist Award" à Benoit LOUIS

juin 19 2013

Japon, Brésil, etc., Benoît LOUIS voyage beaucoup – c’est l’un des points très positif du métier de chercheur - pour participer à des congrès scientifiques, développer des collaborations à l’international et cerise sur le gâteau, parfois recevoir un prix !

En mai dernier, il a justement reçu le prix " Young Scientist Award" du 7ème symposium international sur la catalyse acide-base, à Tokyo, pour ses travaux originaux et prometteurs sur les zéolithes.

 

Les zéolithes, des minéraux microporeux de la famille des aluminosilicates, sont de puissants catalyseurs solides qui permettent soit d’augmenter la vitesse d’une réaction chimique, soit de la rendre plus sélective, c’est-à-dire de favoriser l’obtention d’un produit plutôt qu’un autre. Si elles existent à l’état naturel dans les roches volcaniques par exemple, ce qui intéresse le chimiste, c’est de les synthétiser pour obtenir des cristaux purs. « En fonction des conditions de synthèse, on obtient des zéolithes aux formes diverses et aux propriétés catalytiques variées », explique le jeune chargé de recherches du CNRS. Ces catalyseurs solides sont classiquement utilisés en pétrochimie, dans les différentes étapes du processus de craquage du pétrole par exemple. Benoit Louis a d’ailleurs développé des collaborations poussées avec des chercheurs brésiliens sur ces thématiques. « Pour moi, la chimie du C1 (entendez par là, des molécules à un atome de carbone) est la chimie du futur, qui permettra de trouver des solutions énergétiques alternatives et réalistes », souligne le chercheur. C’est pourquoi l’un de ses axes prioritaires de travail est d’améliorer la transformation de méthanol en carburants alternatifs de synthèse, moins polluants que les carburants issus du pétrole. Là encore les zéolithes sont précieuses et doivent permettre de mieux contrôler les voies de synthèses et les produits attendus.

 

Mais les zéolithes ont bien d’autres utilisations insoupçonnées, notamment en chimie organique. Depuis trois ans, le spécialiste des zéolithes a rejoint le laboratoire de chimie organique dirigé par Patrick Pale, aujourd’hui intitulé laboratoire Synthèse et réactivité organiques et catalyse. « Ce rapprochement s’est fait très naturellement », commente Benoit. « Alors que je travaillais au sein d’un laboratoire de catalyse à Cronenbourg1 tout en  collaborant depuis plus de 10 ans avec Jean Sommer, la rencontre avec l’équipe de Patrick Pale s’est faite en 2007 pour l’élaboration de zéolithes destinées à des réactions de chimie organique ». L’idée innovante de cette association de compétences : utiliser les zéolithes pour faire de la chimie verte, c’est-à-dire réduire, voire éliminer, l’usage et/ou la production de substances dangereuses ou toxiques pour l’environnement. « Comme ce sont des catalyseurs solides, ils sont donc faciles à récupérer et réutiliser, non corrosifs, non toxiques et permettent (parfois) de s’affranchir de solvants dans les réactions », explique le scientifique.

« Nous fabriquons toutes sortes de zéolithes adaptées aux besoins de la chimie organique en ajoutant différents métaux, etc. puis, nos collègues testent leurs effets sur les réactions en terme de produits obtenus, rendement, sélectivité ». Et les résultats sont parfois surprenants et très différents de la réaction classique ! Et Benoit conclut, « comprendre le monde de la chimie organique est un véritable challenge pour moi mais cela me plait ; c’est un peu comme apprendre une langue étrangère».

La photo a été prise lors de la cérémonie au Congres ABC VII et Benoit est à côté du Professeur Lercher de Munich qui a reçu le prix TANABE décerné aux anciens.